Pleine lune
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Une musique dans la nuit
Passe un cortège là-bas au rond-point
Les réverbères l’éclairent
Échos étouffés et tulipes sombres
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C’est tout un !
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Souviens-toi. La langue maternelle seule permet de faire soupçonner qu’il y a une lumière dans la lumière.
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Frondaisons de poèmes rouge-sang, que l’automne effeuille, qu’il emporte, de-çà de-là, comme du Verlaine.
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Sitôt trouvé, que perdu.
Il en va de ce qui se rêve à travers tes écrits comme de la Beauté qui de vague en vague dérive sur sa conque vers la haute mer.
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Le mythe ne parle pas de l’Aphrodite katadyomène. Se pourrait-il que l’on ne veuille pas voir qu’en s’incarnant, elle s’éloigne ?
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Elle s’est avancée sur les galets de Paphos, a scintillé en plein soleil. Dans l’instant qu’on l’étreignait, s’est avérée de brume.
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Au nid des courbes les plus abstraites, la poésie pénélopait sa trame amoureuse, faisant et défaisant le poème en secret.
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Le séquoïa et le rosier
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Ne regretter jamais d’être soi-même, en écriture ou autrement. Excepté si cela nous pousse à léser injustement quelqu’un !
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Lorsque, seul, assoiffé par un mirage d’oasis, on s’avance dans ses propres solitudes, ce n’est pas surprenant que nul ne vous suive.
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Au miroir des lagunes, quand l’océan s’est momentanément retiré, à la fois on aperçoit l’épiderme que les eaux dissimulaient, ensuite notre propre reflet.
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Celui qui veut emprunter les hauts sentiers, mais ne supporte pas d’être aidé par sa propre solitude, comment les sommets lui seraient-ils accessibles ?
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Eh oui, c’est vrai, le risque est de passer toute une vie à gravir une paroi de papier, indéfiniment renouvelée, sans être sûr qu’existe la pointe d’où l’on embrassera du regard tout l’univers.
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Naissant, nous sommes de ce monde, mais ce monde n’est pas de nous. On tente aussi longtemps qu’on peut, de l’apprivoiser, de l’intégrer, de le comprendre. On y parvient – ou non. Puis il nous quitte.
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Il y a le séquoïa immense, et le petit rosier. L’un respire l’oxygène des hautes sphères, l’autre, au ras des humains, diffuse à tous les vents le parfum de ses fleurs. Lequel choisis-tu ?
Navarra
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Au ciel le sillage des longues barques du couchant
Les barques du port y font un pendant immobile
L’eau est tellement lisse qu’on dirait une vitre immense
C’est un jour hors du temps où seul j’arpente
la grève semée de diverses herpes à demi-ensablées
Quelque chose de la nuit qui approche m’inquiète,
m’inquiète sans raison Un pressentiment qui ne pressent
rien – allumé telle Vesper au ras des toits du village
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Dans ma tête un piano visionne et résonne de Navarra
Des sonorités immatérielles comme dans ma mémoire
la partition que j’ai si souvent relue et jamais été capable
de jouer… D’un jardin disparu par la fenêtre entre un
parfum de giroflées d’une pureté à mourir
Je suis de ceux qui tel mon défunt ami poète Jean Cassou
ont l’Espagne au coeur Car ce pays-là sait le tragique
écarlate et noir de la vie beau comme un toro de Miura
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Murcielago reconnaitrais-tu la musique de ton pays
Celle de Camarón et du Llanto por Ignacio de Lorca
Oh cette brise triste qu’à jamais l’on entend bruire
dans les oliviers d’une plaine inconnue et funèbre !
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