En éclaireur... . Du sentier, les rives fleuries masquent le ruisseau qu’on entend glauque sur les cailloux. La tête d’une paire de foulques dépasse des graminées. Plus haut s’arquent les branches fournies d’arbres que je ne reconnais pas. Il y a si longtemps...
1. Chaque plume emportée Chaque plume emportée vers le ciel voici que dépassée la nuit se dissipe et file vers un autre continent afin qu’en soient illuminées les hautes tours . Désormais il n’est plus décent de faire le compte des aubes et des soirs...
Dès potron-minet . Ce matin, seule l'exubérante floraison du laurier rougit une aube crémeuse fouettée par les plus hauts arbres. En sourdine la radio zinzinule ainsi qu'un frelon perdu. . Que de phrases et de scies à la mode qui s'envolent, inécoutées,...
Surveillés par le silence . Quand la cascade se regarde dans sa vasque elle trouve que ses diamants sont d'une plus belle eau . C'est aussi l'avis de la daine qui montre à son petit comment pour boire écarter les patte antérieures . Il flageole un instant...
Samarkhand - Grande porte. . Stéréoscopies . Les images de ce que le Moloch du temps a dévoré, comme elle deviennent précieuses à mesure de leur ancienneté : je revois Samarkhande en photo sur ces lames de verre d’une vieille petite visionneuse stéréoscopique...
. Au seuil de l'Inconnaissable . Il y a dans la nuit une noire lumière Qui l'aperçoit n'est pas loin de l'Issue Ce qu'elle éclaire est froid comme le vent du Nord Mais ce ne sont plus ces ombres floues que décrivait Platon sur les parois de la Caverne...
. Déjà septembre . Tourne la roue à aubes des mois et des années L'ombre et le froid percent déjà sous le masque d'or du matin L'écureuil roux du petit-jour se défile et faufile dans l'inextricable contre-jour des chênes où je le suis d'un regard attendri...
Littoral . L'air de son groin transparent au creux glauque des vagues recherche les racines de l'écume . Les goélands en planant l'observent - criant périodiquement comme s'ils étaient inquiets . Je consulte du regard le paysage Un vieil arbre ou un rocher...
26. Mer Ionienne . Nous fûmes là-bas à Corfou inconnus et timides pris dans la lumière et la gloire du paysage Un charme violent et doux à la fois comme le regard vert de la beauté aux longs cheveux ou la pluie d'orage passagère dans l'île où nous étions...
Les hirondelles de Kerkyra . 1. Au ciel du port . Virent revirent chavirent plongent remontent en chandelle sous les nues cherchant leurs limites et ne trouvant que l'infini, ce sont les hirondelles de Corfou qui m'assourdissent en la langue de Solomos...
Lyxès à grands traits De ceux qui tracent de noirs poèmes sur le blanc à la façon d’un brise-glace écorchant la banquise il poursuivait en somnambule des chimères dont les ailes biseautées fendaient le vent en sifflant comme syrinx de carrizo doré Ce...
. Navigation aédique . Celui qui apporte à sa flûte l'âme bleue du vent ne sait pas de quelles ondes, ou de quels tourbillons, il se fait l'instrument ! Du roseau qui ne connaissait que chuintements courbés et froissements de feuilles sèches, quelques...
Le deux - la vie . En haut l’écureuil côté soleil, le singe côté ciel En bas le crabe côté mer, côté terre la tortue . Tout est dualités balisant mon espace écrit... Au clos des Chênes-verts la dame qui taillait . les rosiers t’avait offert (à toi bambin...
Un grillon dans la nuit d’Opio . Moins seul de répondre au clignement incessant des étoiles noir dans le noir il s’obstinait à son monotone et sibilant SOS en morse le grillon pareil à un géant paquebot noir comme si l’on était encore au temps du radiotélégraphe...
Ballade d'été - Skogsrået . Toi, Moniris, tu préfères t’en aller en compagnie de la nymphe de s bois. Les elfes sont vos compagnons, et les faunes aux lèvres barbouillées du bleu des mûres vous guettent entre les tiges épineuses des ronciers. . Le soleil...
Pour un portrait énigmatique . Salamandre, elle salue les hommes vrais, unissant en son nom paix et humanité... Elle est aussi la blanche licorne de mer qui surgit du présent nimbé de quatre lunes... . Ne serait-elle pas de ces Filles du feu que jadis...
Trêve précieuse et brève . C’est l’heure gongorienne où cítaras de plumas sonores dans les arbres les oiseaux dé chiffrent à vue en guise . de partitions les différentes nervures des feuilles ou bien là-bas dans les vergers de Mai comme des notes . exécutent...
S’il n’y a pas de feu… . S’il n’y a pas de feu, pas d’amour qui parle la lumière qui fut dans la lumière s’éteindra fragile ainsi que braise d’encens dans le soleil ou qu’une source résurgente sous la mer . Cette source je la vois verte dans tes regards...
Humble souverain . Sol ! Ah lumineuse origine du seul écoute le vent qui n’a pas d’amis Le cuir des labours se refuse aux corbeaux Les fumées prient le ciel pour qu’il pardonne à l’automne d’avoir roussi puis terni les feuilles . J’observe les petits...
. Épair et manque . Serrer le vent, tirer des bords au plus près, que la voile couleur de cerveau ne désemplisse jamais du lumineux élan qu’imprime l’Invisible fût-ce au risque de chavirer tel soit le programme de ton odyssée . Stable instable . Ce qui...
Nouveau monde . Lavées de leurs rêves à l’aube les îles de cristal rose s’éveillent aux chants que de tous les horizons leur apporte inlassablement la mer . Le crabe hirsute grimpe au cocotier Il va décrocher en guise de lune quelque grosse noix brune...
Petit-gris Comment s'adapter lorsque les orages et les déluges se substituent à la gaieté des premiers jours ? Vent mauvais. Temps variable avec éclaircies. Les dieux se font des scènes de ménage humaines ! Et nous et nous – gnômes bipèdes – que devenir...
Exil prochain . Chantons chantons les harpes du vent le froncement des cordes velues des pins l'essor froufroutant des subites colombes et nos délires au sein du temps qui passe . Si peu de temps nous reste à nous aimer ! Chiches les cigales nous comptent...
Purgatoire Par la fenêtre de la salle d’attente un grand arbre noir se ramifie Des passages d'automobiles dans le soir tombant jettent des éclairs parmi les branches nuesAu-delà, les façades ressemblent à de petits cimetières verticaux avec alignements...
Dessillement Est-ce infirmité - à la fin tu ne sais être autrement que solitaire et sans illusions Sans ces illusions qui font le charme de vivre notamment ce leurre d'aimer les autres et de compter sur cet amour pour que chacun soit heureux… De vivre...