Présence d’Aïlenn . C’était toi, c’est toujours toi, proche présence... Colonne d’un temple à côté de l’autre colonne ; toi, d’un marbre rose auquel le grand jour seul rend justice, alors que je ne suis qu’obsidienne et nuit. Toi fleur d’or iss ue des...
Terraqué contemplatif . Derrière l’horizon l’oiseau d’or se retire au couchant dépouillant sur les monts sa mue d’ombre violette Quelques duvets de feu sont restés accrochés aux vapeurs gemmes et coraux semés sur leur neige sourde que piétine une théorie...
Accablement . Toute cette bibliothèque pleine de livres Tous ces livres pleins de pages pleines de phrases Ce n’est que le préféré de tout ce que tu as lu Montagne de langage qui t’écrase Changer le plomb en or et le rêve en vie ce n’est pas vraiment...
. Conclusions circonstancielles . Comment guérirait celui qui a la conviction que tous les autres sont malades - excepté lui ? . Une façon détournée de se soigner est de s’acharner à guérir les autres du mal dont nous, sommes atteints. . Tisane d’un effet...
1. Deshérence joyeuse . Que devenir lorsque l’on n’a plus rien, sans avoir encore perdu la vie ? Lorsqu’on n’a plus envie d’être lu et qu’on sent qu’en nous lisant chacun s’ennuie ? . Combien j’aimais les fleurs de mes arbres au printemps leurs parfums...
La jalousie des « classes dangereuses » . Ce samedi à Paris est silencieux dans mon quartier Tôt ce matin la plupart des habitants sont partis pour le long week-end de Pâques Des casseurs fourbissent leurs projectiles Ils croient la république solide...
« No comment ! » . Déconcertant à force de phrases insondables, sans susciter échos ni commentaires, en ce tonneau des Danaïdes le sens de ce qu’il écrit chute comme une pierre…. . Le même vent qui parfois, en poussant les vagues, en irise les écumes,...
Lys maritime . Je suis de ces âmes faibles qu’enchante la lumière du lis des sables et son port gracile de fleur distinguée quand il se hausse du col pour voir les vagues . Toi qui l’as rencontré tu sais de quoi je parle Tu sais combien sa blancheur à...
Trois fois rien… . J’ai guetté l’horizon Rien n’est venu sinon l’air salé qui plaint sa propre solitude . Toujours à distance respectable un oiseau menu compte en sautillant les grains de sable . Puis s’envole pour aller faire son rapport au nuage qui...
Bizarre avenir . Très loin s'étirent les longs nuages, perspective offerte au ciel rose du soir ; les hirondelles en formation joyeuse évoluent dans l'odeur de lilas de l'air qui envahit tout de sa présence, et fait danser une mèche qu'on dira « rebelle...
Propos sur la malmenée Beauté « Que disions-nous, en feignant de ne pas regarder la beauté... » (Michel Deguy) Que soit ou non « métaphysique » la Beauté...Que l’on tente de la fracasser à coups de marteaucomme Nietzscheles talibans ou autres « bouddhaoclastes...
27 Juin 2020 . Sur la paroi de pap i er ivoire en quoi ta tour est édifiée tu griffonnes des graffitis inspirés par le traîne-savate q ui déambule sans vrai but par les venelles de tes songes . A ujourd’hui est un samedi de portières claquées et de coffres...
Enluminure noir et or . Avec le soleil du soir une étoile est tombée dans le vase en cristal où s’ennuient sur la table de la terrasse des fleurs apportées le jour de Noël par des visiteurs amis . La table elle-même est recouverte d’un plexiglas qui reflète...
Incompréhensible poétique . Tu te veux poète ? Râcle au fond de toi ce qu’il te reste d’assez pur pour ne connaître dans la poésie que la poésie. . La poésie qui soutient une cause n’est pas poésie. Qu’elle semble servir une cause ne doit être qu’un point...
. Heures incertaines . Reflets huileux des lampes dans les vitres noires La pièce vide avec quatre orchidées sur la table ronde t’observe . S’il se trouve que les murs pensent ils sont assombris de solitude Tu croirais les entendre meugler de l’autre...
Herpes marines sur l'estran du siècle . . Cruelle la beauté que d'aucuns exigent « moderne ». . Approche, intime splendeur, consume les épaves du désastre. . Ce qui tente de sculpter les ruines de la nuit, s'appelle espoir. . Qu'espère l'espoir ? Un battement...
Longue attente . Les lauriers les oliviers les pins les chênes-liège le moindre brin d'herbe à peine sorti de graine les marcassins les faons les canetons les oisillons de toutes plumes – savent comment gérer leur vie . Or pour ma part – soixante-dix...
Illusions et mystifications . Cassée - la plaque de marbre gris où furent léguées les recommandations de l'aïeule Une drache épisodique agresse les façades La rue du Héron même lors des rares éclaircies prend un air morne . Pour nous distraire, Ezra,...
Au large de Lampedusa . Plusieurs triangles d'azur tourbillonnent en arrière de tes yeux fermés sur des ténèbres que ne dissipe jamais le jour L'impression d'observer des corps inanimés plèvres déchirées chair fendues sur l'éclat bleu d'os nus visages...
Soir d'octobre . Les yeux du chat noir sur le mur rivalisent avec la lune . C'est la tombée du jour L'heure des rendez-vous Des recoins ombreux où les lèvres cherchent les lèvres Délices des liaisons fugitives illégales Salives mêlées autour du fruit...
Trouvailles . C'est l'heure fraîche de mon pays, durant laquelle on dirait que la lumière, comme le loup sort du bois, quitte l'ombre des choses et d'une nette perfection investit splendidement jusqu'à la moindre pierre du décor qui nous entoure. Elle...
« Llanto del Indio » . à mon ami Facio Santillan Les épaules balancées en marchant, ses semelles suscitaient un nuage dans la poussière du chemin ocre-rouge qui traversait la plaine, parsemée de candélabres verts tendus vers le ciel. Il avait l'exaltation...
La onzième i nterface . U n ostinato des violons du mistral i ncite en mi mineur la pinède à r ê ver d’étendues enneigées L e ciel vient rompre ses nuages aux arêtes r ouges des hautes falaises que sans succès tente d e gravir la vague qui retombe en...
PORTRAIT D’AÏEUL . Il était du même bois que ces astrophysiciens Qui voudraient trouver comment détecter la matière noire Qui manque aux feux d’artifice des galaxies. Son front depuis l’enfance était ridé par un effort Inutile de l’intellect et l’absorption...
Le temps d’un éclair . Avant de partir tu t’es penché pour entendre la dernière fleur Deux pétales veloutés t’ont caressé la joue Ils t’ont murmuré près du lobe de l’oreille un peu de ce silence qui poudre d’or l’abdomen sombre des abeilles . Tu as regardé...