Herpes marines sur l'estran du siècle
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Cruelle la beauté que d'aucuns exigent « moderne ».
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Approche, intime splendeur, consume les épaves du désastre.
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Ce qui tente de sculpter les ruines de la nuit, s'appelle espoir.
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Qu'espère l'espoir ? Un battement du sang qui se change en musique ?
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L'admirable horreur de la nature, à présent que notre cerveau l'a falsifiée, comment lui rendre justice ?
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L'optimisme aveuglant compromet. Le pessimisme radieux ménage.
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Tirée au sec, la barque retournée. Elle ne traversera pas la baie jusqu'aux bancs d'étoiles attentives.
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Ce qu'il écrivait formait des nœuds trop serrés pour qu'il leur échappe.
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Une beauté nue et tranchante comme flamberge au vent.
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Autosculpture
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Grâce au scalpel de ma langue maternelle, la poésie retranche peu à peu de mon être tout ce qui interdisait à la mort de me reconnaître.
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On dirait le sculpteur face au bloc de marbre qu'il dégrossit et va intailler jusqu'à donner à lire dans ce qu'il en restera la forme d'un ange.
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Creuser ce qu'on est par rafales incessantes d'inspiration jusqu'à devenir une personne érodée de ses petitesses, faiblesses et hontes superflues…
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Je n'ai pour visage que la fraction la plus banale de l'être en quoi est tissée ma vie. Par la poésie je m'efforce de le quitter comme on ôte un masque d'or.
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C'est Venise, le bal de la vie, la féerie, la dame éblouissante à chevelure de silence et regards où vacille un tilleul. Elle exige qu'on arrache son loup avant l'amour.
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Si le parfum des giroflées tourne dans l'air du soir, comme disait Baudelaire, c'est parce que l'ombre te cache que tu est tout près de l'exquise, éternelle douleur d'aimer.
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Sache que les torrents de lumière qu'irradie en tous sens l'anarchie poétique, musiques ineffables, sensations inouïes, leur source est au plus noir du coeur.
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Sous la surface
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Obtenir la perfection dans l'inachevé, pour faire écho sans illusions à l'esthétique de ton siècle…
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De glaires glauques qu'entrechoque en moussant la lessive des océans, extraire les fresques mutines des Atlantis !
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Ruines enguirlandées de chlorelles et de varechs, où sont serties des vulves de nacre rose et autres coques sexuées !
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Visiter à dos de dauphin étincelant de soleil les altitudes irrespirables que rythment nuées de poissons-lunes et bancs de vapeurs !
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Il y aura les ramifications pourpres d'un corail sans pareil, encombré d'anémones écarlates aux chevelures volubiles, et de coquelicots épanouis entre lesquels ondulent les corps des sirènes à queue argentée...
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Bien sûr, s'y adjoindra quelque épave ancienne à la proue contournée, à la poupe de bois polychrome, avec mâtures surchargées de lianes marines et de haubans pourrissants.
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Dans la cale profonde, caché au détour de l'obcurité qui rouille les métaux, peut-être un coffre, plein de mots comme diamants, rosée, rubis, éternité, lingots d'or, tremble-t-il au sein du liquide sans étoiles ;
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Le plongeur aventureux qui l'ouvrira, capable de prendre son souffle plus profondément que tous, n'est probablement pas encore né.
Anxiété du feu
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Cette terrible distance, espace, nuit, maladie, froissements du temps à travers les feuilles, parfois tour à tour soulevées, chiffonnées, ce silence de fièvre – tout cela venant de toi me déroute. À contre-désespoir, je rêve des pales de lin triangulaire en lesquelles tourne chaque soleil du Lassithi, suite de blancs carrousels aux moyeux alignés des moulins veillant sur l’arête du meltem, devant qui se courbent les pins obséquieux.
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Élucider la beauté de cet azur, au soir moucheté de nuages ainsi que la plaine violette par les oliviers, la nostalgie de ces roches rougies par les lichens pareils à ceux de la garrigue de chez moi, comprendre comment tant de siècles sont restés l’écrin de tant de rêves, telles sont les tâches auxquelles je m’astreints pour me distraire un moment d’affronter ce qui me mine : l’effarante fragilité que confère l’amour à ceux qu’on aime…
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Lâchement, je laisse la plume crème de mes songeries battre les airs grisants et grisés de l’éloignement, s’affoler en essaims aux falaises d’un littoral irréel, abruptes comme les écrans successifs d’une mémoire en laquelle tout ce que j’ai indistinctement imaginé et vécu, est pétri. Je me veux mouette, je me veux goéland, puffin, albatros, pygargue, tout ce qui peut tracer sur l’incommensurable étendue l’alphabet de la liberté !
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Qu’à quiconque apparaisse comme une évidence la foncière illisibilité de ce que j’écrit, voilà qui n’a rien pour me surprendre. Et si en place d’un alphabet d’oiseaux, j’étais capable ainsi qu’un lent noyé de descendre aux altitudes glauques des abysses, ce serait alphabet de poissons aux reflets de mercure et d’argent que j’utiliserais. L’oxygène de mes paroles s’élèverait en miroitantes bulles fluides jusqu’à la surface…
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Elles emporteraient les regards, ainsi que ceux des petits enfants, les bulles de savon ! En leur brillance incurvée s’épanouissent des fleurs de sommeil ; des idées philosophiques foisonnent en déroulant leurs spirales greffées de motifs géométriques ; rien de ce que je comprends ne reste en place, les passages du réel filent en se déformant le long des garde-fous de ma vie. Et tout ce que l’amour assure est festonné de crainte.
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Au nid de la langue de chez moi
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Que dit la langue pour le plaisir de donner libre cours à sa propre beauté ? Notre attachement aux visages français des mots s’irrite, s’indigne du plus minime signe qui leur manque.
Les charnières qui les organisent nous pensent. Les sonorités qui rythment le parler de nos sentiments sont le filet en lequel se prennent certains silences indispensables à l’irraisonné, que concrétisent les -e muets, avant d’éclore !…
Légumes
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Une épreuve insolite
que d’ouvrir le livre d’un de ces grands poètes fameux
dont chaque page trouble (par son invention verbale
par la stupéfiante virtuosité du dire,
par la dimension grandiose et saisissante des images)
le misérable lecteur sans talent
assis devant le plan de travail de la cuisine
où sont étalés attendant d’être épluchés
oignons intacts et bleus auxquels on n’a pas volé leur « i »
patates douces qui feignent d’être des mottes de glaise
poireaux qui s’étirent – du blafard au vert véronèse
puis à l’émeraude tendre –
carottes pointues couleur corail, aubergines renflées lustrées
courgettes radis bintjes artichauts pommés
autant de merveilleux légumes dont la simple présence
a la même intensité que l’être des choses
l’être intransgressible comme le béton d’un mur
abrupt, face aux essaims de caractères blêmes
aux lignes des mots sur les pages translucides
frêles et tremblantes dans les courants d’air
avec leurs vers qui veulent offrir du sens à l’Insensé
qui poussière d’encre au moindre souffle s’éparpillent
en cendres volantes
tandis que la puissante blancheur d’une belle endive
ridiculise la nudité de la page vierge.
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Crépusculaire
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Qui pleure à cette heure
derrière les volets fermés
On dirait un démon triste
mélancolique, enrhumé
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Tous seuls dehors s’agitent
les gourmands des rosiers fanés
Aux cieux des oiseaux solfient
l’air des nuages étonnés
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En avant penchent le cou
chuchotants et goguenard
à l’enterrement du jour
les ormes en habits noirs…
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Au quotidien
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Ce midi, alors que le temps a passé,
mal rasé dans le nickel miroitant du mitigeur
qui me déforme bizarrement,
je me vois mettre au four une quiche.
Il y a tant de mystère dans l’éventail des rayons
richochant à travers l’univers !
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On pourrait tout à l’heure aller
en promenade au bord des étangs,
à Ville d’Avray par exemple, on ferait
bondir des galets qui traceraient les arches
d’un pont invisible sur la clarté de l’eau…
Au loin s’effacerait un arc-en-ciel...
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Les boutons d’or secoueraient dans la brise
un pollen de silence apte à envahir l’azur.
Sur la rive les petites pierres taquinées de vaguelettes
s’enveloppent de mousse et se renferment
sur leur for-intérieur. Nos pas s’impriment
dans la boue à peine sèche. À l’aube, il a dû pleuvoir.
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Le minuteur de la cuisinière sonne.
Je lève les yeux de ce que je lis
et j’aperçois ton regard qui me protège
vertement de ce que je suis.
Un couteau, je découpe la quiche ; verse
du vin. Nous allons déjeuner ensemble
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tranquilles, comme si la poésie n’existait pas.
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Une journée vague
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Que flûte fasse pleurer sans bruit les pierres !
J’irai dans le jour avec mon roseau taillé
à la rencontre de l’oiseau convoqueur d’aurore,
là-haut perché sur le pin à côté d’un nuage rose.
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J’irai la poitrine gonflée par le froid pur de l’air
qui tombe des montagnes aux cols blancs.
Un souvenir affreusement triste s’effacera
et des visages s’enfuiront en tourbillonnant :
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je revois des ballons de baudruche lâchés
soudain qui couinent, ronflonnent et choient
plats et flétris pour la joie de bambins hurlant
de rire – encore, encore, ballons-cochons !
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J’irai par les prés, chevilles mouillées de rosée,
jouant des airs si vieux que même les péruviens
les ont oubliés. J’aurais l’âme sereine et grave,
respirant dans les sous-bois l’odeur des siècles…
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Au foisonnement des toits rouges de la vallée,
dans mon regard je substituerai le foisonnement
vert des fougères. L’écho répondra depuis la paroi
vertigineuse du baou. Heureux, j’errerai jusqu’au soir.
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Variations entre chat et tigre
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Entre le langage du poème et celui de la cité, autant de distance qu’entre musique et bruit.
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Rien à enseigner, juste ficher en chemin quelques panneaux indiquant « par là, l’univers de soi-même ».
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L’insaisissable secret - que l’on pressent fort bien à distance - s’évanouit de trop de proximité.
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Ce qui émeut en lisant une phrase, c’est l’intuition que son sens oblitère heureusement celui du temps qui passe.
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Le collier sonore d’une phrase en quetchua, en aymara, en russe, en grec, en chinois, en espagnol…
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Ce que disait ton poème, je l’ai moins entendu que ce qu’exprimait le ton qui en sous-tendait l’énonciation.
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Sous les miroitements d’un pelage inoffensif, que ta parole dissimule un abîme humain qui ne soit pas feint.
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Un ami de Pythagore
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Il ne redoutait pas le vent mais la fin du vent :
que ne volent plus jusqu’à lui les ailes du soleil
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Il eût voulu que les cirrus soient une crème douce
propice à protéger la peau du ciel d’un bleu si pur
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Pour lui le monde était un être jeune, un enfant,
un quasi-compagnon, pour ainsi dire consanguin
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La courbe d’un ruisseau limpide sur de blancs
cailloux était à ses yeux une forme de sourire
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L’argile douce à ses paumes, une chair complice
Les joncs hirsutes, une efflorescente pilosité
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Une planche de caroubier aux veines belles
à caresser du pouce en toute leur longueur
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lui semblait un signe d’amitié pour l’ébéniste
qu’il observait à l’atelier façonner des miracles
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Le monde alors n’était que refrains bienveillants
dont les clartés tournaient comme feuilles au mistral
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Une espoir toujours neuf frémissait obstinément
au coeur des frondaisons pensives des matins
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Les prés développaient leur table d’émeraude
vers l’horizon tressé de mille vies mouvantes...
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Vaches d’alpage
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Discrète affection pour les vaches vautrées sur le foin fleuri des prairies, les pensives qui fixent tout en ruminant la ligne bleue des crêtes
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de leurs yeux andalous. Et leur museau humide quelque fois laisse échapper un long soupir caverneux. Sans doute songent-elles
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à la stupidité meurtrière des groupes humains qui pourtant avaient commencé avec elles – les douces têtues, les joyeuses, les placides…
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Dociles, tachetées de robe ou bien unies, cornes en lyres ou double crocs de lune, les voici traçant le sentier à flanc de pente, clarines sonnantes,
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Aimons les suivre sous le ciel, au col herbeux que frôlent le nuages, alors qu’alentour les monts nous cernent des toits d’ardoise d’un grandiose paysage !
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« ιερό σύνταξη »
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Existe-t-elle la façon de cimenter les constructions de mots
irréfutablement, comme on étanche une poudre assoiffée
avec de la transparence pure, et voici les vocables scellés
d’un lien sacré que l’esprit ne peut plus dissoudre ?
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Sur les lèvres de la Beauté, doux pétales de cyclamen,
la parole bourdonne en recueillant son baume
ainsi que l’abeille velue de vieil or si chère à Pindare.
Et d’un coup le murmure insidieux du temps s’efface...
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Avec l’explosion florale du printemps le remplacent
la berceuse d’une mère, un nouveau-né au sein ;
le hennissement de la jument sur le col du poulain ;
l’amoureux qui hèle son amour au détour du sentier.
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Que m’importe au fond si tout est joué pour le poète !
L’archange des saisons dicte sa loi. Elle est irréversible.
Elle pulse en rythme notre sang, de l’enfance au tombeau.
Par cette seule pulsation à leur insu tous les humains sont frères.