Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

pins d'Alep

 

.

Exclamations de grâce

.

Quel bonheur pour les anges et les oiseaux que les

Profondeurs architectoniques d'un immense pin d'Alep

Quand l'effleurent les premières caresses ambrées

De l'aurore et que le regard d'un citadin fait le plein

De ses verdeurs veloutées prospectées par les écureuils

Qui s'y faufilent vifs comme les ombres d'une vie

Secrète à laquelle nous humains ne sommes pas conviés

.

Chaque tronc s'éclaire à l'instar d'une colonne rose

L'éther après la nuit redécouvre la multiplicité des feuillages

Qui vaut bien le souvenir des étoiles hautaines

Au milieu duquel un vague nuage s'effiloche comme à regret

Tandis qu'une cigale hésitante cherche à retrouver

L'exact tempo de l'ostinato que jouait son archet

Si allègrement la veille au sein de l'orchestre entier à Midi

.

Quelle beauté la fraîcheur nette du matin pour le pèlerin

Assis à sa table sur la terrasse face au paysage lorsqu'il

Se met en route pour un poème à l'itinéraire aussi raide

Et sinueux qu'un sentier enlaçant une haute montagne

Aussi labyrinthique et riche d'une profusion de possibles

Que les ramifications intérieures d'un pin compliqué

En quête de la meilleure manière d'embrasser l'infini

.

Dont circule partout l'invisible oxygène libérateur !

 

 

.

 

 

 

 

 

 

 

.

Conseils pour renaître

.

Méfie-toi de n'écrire point de trop brillantes choses

Certain phares éclairent mais d'autres éblouissent

Et ceux qui te liront ont peut-être les yeux de l'esprit

Fragiles et se sentiront douloureusement piégés

Dans une trop forte lumière ainsi que les pauvres

Petits crapauds que la nuit les automobilistes

Écrasent sous leurs roues sans même en avoir conscience...

.

Songe d'autre part que tu n'as rien à offrir que du vent

Qu'un vague souffle qui parcourt des vers mais qui

Ne ressemble que de très loin à quelque chose de vivant

Comme cette aube rose sur les frondaisons occupées

À se déployer avec des ondoiements ailés à travers

L'éther azuré ou encore cet autre clarté douce

Que certains jadis ont appelée le Saint-Esprit

.

Nul d'entre tes mots n'a le timbre cristallin de l'oiseau

Du jasmin minuscule avec son capuchon discret

Et son joli ventre blanc lorsqu'il se pend la tête en bas

À quelque tige dont les airs de mer balancent les fleurs

Juste à côté de l'olivier mouvant aux fins rameaux gris-bleu

Lui-aussi envahi d'un essaim d'oiselets ravissants

Excités comme des bambins qui auraient découvert

Un arbre de Noël pleins de bonbons et de sucettes glacées

.

Éternité ! Les heures à voix de colombe traversent la fraîcheur

Au fond inutile de t'acharner à vouloir à force de mots

Élucider la troublante énigme de la Nature

Elle t'offre cette sorte d'inexplicable évidence qui

Dans le moindre cri de mésange ou de roitelet

Parmi les feuillages dorés du matin sonne clair

Comme la Vérité partout éparpillée et stupéfiante

Ainsi qu'en atteste le premier cri d'un bébé face au monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

 

Purification

.

Ce flip-flap-flap de feuillets flip-flap-flap tournés

par le vent ne vient pas des pages du Grand

Livre de la Nature

Ce sont trois tourterelles

amoureuses qui dans le pin

à deux pas du gîte où l'écureuil élève ses petits

font au vu de tous des choses que la morale réprouve

.

Ébats de plumes flip-flap-flap flip-flap-flap

que vient troubler avec indignation

la gent rouquine à queue empanachée

si bien que les oiseaux impudiques

s'envolent forniquer ailleurs

.

Quelle illumination que celle des amples branches

aiguillées d'aube vert tendre

soucieuse dans le bleu de rivaliser

avec le soleil au début du ciel pur

d'où surgit une escadrille de martinets

.

Signal évident que relaie le pivert

Voici l'une puis l'autre pies réveillées

Mille passereaux subitement trouvent

à gazouiller en mille langues diverses

.

Tandis que les anges qu'on ne voit pas

entrent et sortent là-haut par les portes de la sacristie

du paradis les bras chargés de surplis de lin aubes

chasubles immaculées ciboires dorés et autres

instruments de culte en prévision des matines

de la stratosphère avant qu'argentés ne scintillent

en grondant les fuseaux d'aluminium des humains

.

et que deux oiseaux minuscules ne s'enivrent

dans les volutes fleuries du jasmin

sans se soucier de ce qu'à proximité

j'écris grâce à eux les premiers vers d'une fable lustrale...

 

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’heure de la pie

.

L'aube par la lucarne ouverte et rose
Le souvenir du feu irisé en Bavière
tandis qu’on entend dans l’air silencieux
la pie au caquetis obstinément réprobateur
.
Souvenirs lointains Dans le noir de la chambre
d’à côté sommeille la soeur sans reproches
L’air frais entre - odorante caresse verte
sur le front nuageux de l’enfant coupable
.
Rien n’assure qu’en mourant l’âme du vieillard
ne doive emporter ses bonheurs et ses fautes
tel un vagabond ses maigres biens dans la besace
qu’il a jetée par dessus son épaule avant l’exil

.

 

.

Temple de Zeus

.

Ce silence au cœur des tronçons

de colonnes du temple de Zeus éparses

dans l'herbe olympique se prolonge

au fond des âmes qui n'ont pas rompu

avec la succession des siècles

.

Ce qui avait ici son site méritait

que le promeneur s'arrêtat avec respect

devant ce silence de pierre qui a survécu

au passage forcené des peuples et du temps

Quelque énigme puissante comme un sphinx

devant nos yeux nous parle encore de l'Homme

.

Le printemps des arbres de Judée et des oliviers

en épanouit la gloire et les corbeaux de la lumière

au fronton des styles en commentent l'antique grandeur.

 

 

 

.

Moucheron

.

Il voit de l'autre côté de la vitre

l'air immense et bleu la végétation grasse

les arbres qui se mêlent aux rares nuages

Il entend le joli moteur des cigales

qui anime la déclinaison des heures

.

«Le pays des merveilles» comme dirait

une petite muse primesautière

qui ne connaît pas toujours bien

le sens de ses pensées

.

Mais la vitre résiste ainsi que l'éternité

Son vol s'y déplace s'y cogne s'y brise

cherche à contourner la transparente perfection

avec un murmure tantôt doux tantôt rageur

S'il pouvait seulement intégrer en lui

la limpidité parfaite

il pourrait enfin passer à travers ce dont

il aurait obtenu la nature

et s'en libérer

 

 

.

 

 

 

 

 


Vacancier

.

Hypnotique, la danse du feu sur les vaguelettes. Cri d'effroi d'une mouette noire qui s'essore vers l'horizon : elle a soudain aperçu l'invisible quotidien, tel un bombardier surgi d'entre les montagnes dans un silence de tonnerre, - et mesuré toute son horreur. Ce n'était pourtant pas le surgissement terrible d'un avion de guerre. Juste la silhouette d'un touriste quasi-nu qui tendait son orteil vers l'eau, docile à le lécher comme une chienne au pelage bleu.

 

 

 

 

 

Carpe diem

.

Chacun selon son espèce déployant tel ou tel graphisme énigmatique hisse ses verdeurs dans la lumière. Feinte écriture à contre-ciel d'une chaleur d'un bleu laiteux. Là-haut l'énergie, que capte la multiplicité nervurée, profuse et redondante. Chacun porte son monde aérien, habité d'insectes, d'oiseaux, pies et écureuils, loriots et chenilles, tel Atlas... En bas, les racines nourricières qui s'insinuent dans les fibres de la terre, autrement dépourvue d'entrailles. Entre deux, qui joint les extrêmes, debout, ce tronc auquel s'identifient les humains. Comme les bras sont lourds à la saison des fruits ! La plus abondante floraison, la plus accablante récolte : comme pour les poètes, c'est que la mort est proche. Cueillons, cueillons, tant que brillent encore les rotondités lustrées du temps.

 

 

 

 

Nuit upiane

.

Obstinément tout bas chantonnent les cigales du silence

Comme celles du soleil l'accomplissement du jour

Elles louent la perfection obscure de la nuit

Ici est le pays où toutes les heures sont célébration

.

Parfois une moustique en tournoyant prend le risque

De réclamer aux humains endormis un peu de leur sang

Ou alors c'est un chat-huant qui d'un hou-hou discret

Manifeste son opinion concernant la triste humanité

.

Le reste du temps l'univers trompeur semble en paix

Avec lui-même Dehors parmi les étages de végétation

Cyprès dormant la tête dans les étoiles Chênes nuageux

Oliviers aux feuillages gonflés de rêves prémonitoires

.

Les maisons anuitées sont recluses dans leur sommeil

Les souffles de l'été sont doux que rafraîchissent les ombres

De la pleine lune et la respiration lointaine de la mer

Qui pourrait penser que des gens en ce moment-même

.

Aux antipodes ou ailleurs s'entre massacrent à plaisir ?

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article