A un mistral
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Pour ne pas évoquer le tintamarre planétaire qui me navre, les rares bonnes volontés noyées dans l'hypocrisie généralisée, la folie médiatique qui fait suite à l'impact de la technique sur les moyens d'information, et sur les sociétés en général – ô jeunes gens pendus à leurs smartphones, tablettes électroniques, et autres.... -, je me réfugie dans l'incantation au vent...
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Enfant d'un mistral secret, j'observe dans ma mémoire, par la haute fenêtre d'une cuisine aujourd'hui disparue, l'air en voyage purifier l'azur, «reinifier» pour ainsi dire, les touffes du pin et les toits en romaines où chient les colombes. de l'autre côté de la rue Jean-Jaurès. L'aurore vient d'allumer au fond du paysage une veilleuse rose qui est le rocher de Roquebrune.
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Me revient l'histoire de notre boulanger enragé contre sa société de chasse, en raison d'un différend dont je n'ai jamais rien su, et qui avait engagé en août le vent au-dessus des Maures, pour un incendie dont les nuages sombres se sont élevés dans le ciel clair pendant plusieurs jours, avec cette envahissante odeur de brûlé qui ressemble à celle du vomi de renard !
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Seigneur vent, qui consultes les moissons d'une invisible mais puissante main, et cueilles de blancs bouquets sur la mer pour les offrir aux beautés du rivage, élève donc la voix, souffle en balayant ainsi que sable les secondes imaginaires qui sont le ciment de nos existences ! Soulève en draperies le lin de la cascade et l'ocre poudreux du désert ! Mène la lente
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Transhumance des nuées paître les éthers turquoise. Attise ce qui, lueur de braise, rougeoie au plus noir de mon cœur, ce braiement d'âne dans les ténèbres, cette fuite des choses dans leur menu détail, que rien, quoi que l'on fasse, ne saurait arrêter. Seigneur vent, ondoyeur des moissons et des pelages marins,sois mon allié ! Avive chaque étincelle du poème qui me consume.
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