Lof pour lof !
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Serait-ce, d'un orient de perle, une bouée sphérique posée au large sur la plaine salée pour repérer le corps mort du jour, passé ou futur ? Certes non ! Ce n'est que la pleine lune !
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Cependant, à ce point exact une bulle lâchée par quelque léviathan assoupi remontera brillante des abysses, puis éclatera sur la mer : chacun y verra le soleil de l'aube !
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Bizarre, cet univers qui cherche à toute force à se concilier mon imagination en fusionnant, dirait-on, le réel des mots et le réel de la réalité, par pure complaisance !
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Voici qu'arrivent les protées volatiles qui s'appliquent, en criant dans toutes les positions, à singer certaines lettres de l'alphabet, V, L, W, A, M : les plus faciles pour leur zèle.
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Ils brassent l'air juste au-dessous du plus vaste nuage, afin que leur image ailée se distingue bien sur sa blancheur vaporeuse. À les suivre au ciel, la tête soudain me tourne.
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Se pourrait-il que si tôt matin, je sois tombé brusquement amoureux du vertigineux Apollon, au point d'en faire le dieu flamboyant de ma terne verve de poète, au détriment d'Aphrodite ?
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Malchanceux pêcheur
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Il arrive que tu croies savoir, que tu aies comme le souvenir d'avoir su, quoique en dernier ressort, il n'y ait en toi, pressant, que le déplaisant sentiment d'avoir perdu telle importante chose, dont tu ignores tout !
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Entre diverses techniques, disposer des collets de trois lignes sur la neige, les relever avec patience, constater sans déception qu'ils sont vides pour le motif que tu t'y attendais, est une façon de tromper le blême renoncement !
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La certitude originelle d'une connaissance ou d'un moment qui furent si brûlants qu'ils ont troué, incandescents, la paroi de ta mémoire, te serre le coeur d'une frustration que seul l'objet concret du manque pourrait soulager.
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Il te souvient de l'époque où certaine ineffable mélodie en ton firmament intérieur mouvait de radieuses sphères ! Les notes aujourd'hui s'en dispersent dans tes songes à la façon de ces vols d'étourneaux que pulvérise la distance.
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En contraste avec cette absence chargée d'attente qui leste les phrases que tu disposes ainsi qu'un oiseleur ses gluaux, tu écoutes, tu vois, tu lis des oeuvres qui ont réussi, en cages de fils arachnéens, à capturer leur phénix.
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Tu te voulais épeire, prenant, la nuit, au filet de tes toiles ces insectes luminescent que les gens terre-à-terre nomment "étoiles", toi convaincu que chacune d'entre elles, en tirant l'invisible lien, te conduirait à un humain.
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Les étoiles, il faut bien y consentir ne sont pas des cerfs-volants, ni ces lucanes brillants aux ailes vibrantes du genre que, galopins, nous retenions de s'envoler trop loin en leur nouant la patte avec le fil à coudre maternel.
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Sans doute se tiendrait là l'explication du fait que parmi toutes les étoiles, la tienne est perdue, comme une truite arc-en-ciel aurait fui en cassant la ligne d'un malchanceux pêcheur – toi ! - qui perd son temps à mouliner le vide.
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Le Six du silence
Le poème secret, gravé sur le bloc erratique oublié au milieu de l'eau, sera tourné vers la rive des saules, quand même mon corps aura depuis longtemps vu ses atomes remêlés à ceux de l'univers.
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Les traces légendaires des amants leur survivent, ignorées, ainsi que pâquerettes au printemps qui renaissent sous les pas de la fée, simple femme, mais éprise de quelque enchanteur toujours nouveau.
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Sous le lac, telle une argyronète, elle a tissé la bulle renfermant l'étrange manoir à clochetons acérés d'antennes et de girouettes où, grâce à mille formules magiques, elle règne sur le cœur qu'elle a élu .
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Le seul vent qui déploie en z les oriflammes sur les toits est celui qu'elle suscite elle-même lorsque fantaisie lui vient d'aérer l'éthernité des salles, qui finissent à la longue par sentir le renfermé des vieux mots poussiéreux.
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C'est alors une brise à voix de violoncelle qui s'éveille, une tiède mélodie d'août, pareille à celle qui agite les bannes pourpres en travers des hautes fenêtres de ces palazzi siciliens où déclinent les descendants des ducs normands.
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Enfin, au détour des longs couloirs l'on aperçoit quelquefois de dos la maîtresse des lieux, mince et diaphane comme le sont les morganes, si vive passante que vole sa somptueuse chevelure jalousée du soleil des vivants.
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Humble orgueil
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Au-delà, encore au-delà qu'il faut aller ! Que le vent chaud du sud nous apporte les mirages du désert ! Quêter le point d'eau où se rassemblent les animaux en conversant à voix-basse, là où tremble l'éclat de la vie...
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Emmitouflé de ciel indigo, du taqaqat' jusqu'au chèch', nomade fils du vent, regarde le monde avec cet humble orgueil qui allume dans tes yeux sombres une braise d'infini. Rien en ce monde pour toi que tu ne voies de haut.
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Puis la nuit, lorsque se fend de froid et de solitude le coeur des pierres, allume un foyer des quelques paquets de ronces qu'avec toi tu emmenas à dos de méhari. Et contre son pelage blanc qui respire puissamment...
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Allonge-toi au coeur de l'incommensurable, sous les diamants des étoiles qui clignent, nappant le firmament d'une rivière à laquelle ne suffisent pas les deux bords de l'horizon. Et balbutiant une vague prière, endors-toi en rêvant à quelque improbable déité.
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Sans vergogne
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C'est une voix duveteuse
qui t'effleure l'oreille
Elle te trouve trop laborieux
trop imparfait trop dénué d'inspiration
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Elle te traite de poétaillon misérable
dont les écrits sont tellement insuffisants rares
lacunaires hachés dénués de profondeur
qu'ils ne valent pas tripette !
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Misérable malgré tout
tu continues allant vers l'abîme
de l'oubli tel un drogué dont les maux incurables
sont les mots Tu continues et tu continueras
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jusqu'à ce que mort t'étripe !
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Un jour de 1995.
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Ce pavillon d'un sousaphone en cuivre qui déborde l'étagère du marchand d'instruments où depuis belle lurette je n'achète plus de partitions, c'est le plein soleil anadyomène. L'eau étale ne chuchote même pas en tentant de jouer avec mes orteils. Les oiseaux sont des notes de musique qui ont perdu leur portée, ils ne savent même plus quand rompre le silence.
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Lorsque, plus tard, je serai vieux et que j'en aurai assez des comparaisons, enfin je rejoindrai ce silence avec lequel je triche en écrivant sur mon carnet, au bord de la plage. Une habitude ancienne, avec laquelle j'ai décidé de prendre des distances, mettons dans quelques décennies, après mon soixante dixième anniversaire. Il serait temps d'apprendre à vivre !
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En attendant, je longe le littoral qui sent très fort, une quasi-puanteur à laquelle je reconnais que se sont échouées sur les rochers les petites "barques de la St Jean", des velelles bleues que le rayonnement solaire noircit et dessèche jusqu'à décomposition. Une flottille nombreuse dérive encore au vent, à un jet de galets du rivage.
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Si le remugle spécial vous prend aux naseaux, il a pour avantage de constituer un moment inoubliable, un événement dans ma vie insignifiante, associé à l'éblouissement de la côte italienne dont chaque fenêtre de toit se change en soleil fugace tour à tour, à la splendeur timide des vaguelettes à cette heure-ci fraîches et cristallines, à l'air, dont la limpidité contamine les montagnes au point que le ciel transparaît au travers...
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Un moment dont la justesse est subtile comme la différence entre un demi-ton diatonique, et un chromatique qui sonne toujours un peu faux à l'oreille ; un moment infime, ainsi que cette seconde, je ne sais quand perdue, et qui était la mince lézarde du Temps par laquelle j'aurais pu me glisser hors de lui, dans cet endroit qui ressemble à une tour d'aérogare, d'où l'on peut aiguiller et voir chaque trajectoire.
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Lorsqu'on a manqué l'occasion de pénétrer dans l'espace où s'ébattent les dieux, il reste encore la solution de se mettre nu comme eux et de courir se jeter dans les vagues, afin que le soleil nous couvre de sa gloire et nous change pour notre délice en une sorte de dauphin étincelant, jusqu'à ce qu'une dame nous hèle depuis la jetée pour annoncer qu'il est midi, et que le repas attend !
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Orios
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Cette pluie soudaine qui flagelle la rue imbibée de soleil aux trottoirs fumants, ma foi ne dérange pas les passants qui reviennent des courses légèrement vêtus en tirant leurs caddies ragaillardis !
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Qu'une averse de poèmes ainsi rafraîchisse les passants pour qui vivre est camper à deux pas de l'enfer, quelle merveille ce serait ! Déclamer tes vers avec la voix de l'orage ou celle de la mer, quel "pied" !
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Ne rêve pas, scarabée aux cornes de cerf qui roules devant toi vers un but indéfini ta boule de crottin parfumé à l'odeur de pet d'étalon ! Le chemin que tu suis n'a pas vraiment de terme, sinon sa duplicité...
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Bah, l'essentiel est d'avoir croisé en chemin l'immense Beauté aux bras nus, qui voyant ta carapace dorée l'a glissée à son doigt ainsi qu'un anneau de mariage, pour que plus jamais tu ne la quittes !
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La nuit des temps...
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Oubliés – comme tant ! - nous fûmes des hommes, et nous avons vécu ce que vivent les hommes : l'espace de quelques lustres. Juste assez de temps pour que nous envient les roses !
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Sur la dalle où sont gravés les trois pavots, nous avons disposé des oeillets bleus et des giroflées ; qu'un vague sentiment de paradis règne et embaume le caveau des aïeux bien-aimés.
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Dans ma tête aujourd'hui, une mélodie de cor anglais déroule un ruban qui évoque un goût d'oseille, avec les inflexions du cygne noir de Tuonela que je vois nager dans les eaux glacée de Tuoni...
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Par opposition, ce quatre juillet est plus chaud que jamais, les bassins des fontaines publiques sont envahis de gens demi-nus, ou parfois vêtus, qui viennent se doucher de fraîcheur.
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En complément, je revois les images de la fontaine de Trévi la nuit, qu'investit seins en avant l'actrice à longue traîne, dans La Dolce Vita. Anita Ekberg, peut-être ? Ma mémoire s'émousse.
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Qu'importe son nom, il restera sans doute d'elle cette image de "l'éternel féminin" traversant à jamais l'eau étoilée alors que la fameuse fontaine aura disparu dans l'autre nuit, celle des temps.
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Fragile et pourtant durable est la lumière jouant avec les artefacts des humains, et cueillant sur la page claire les caractères sombres comme des fourmis et secrets comme des myosotis.
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Bouche bée
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Parfois j'ai le sentiment d'être une carpe qui mesure en allers-retours les heures au fond de l'étang vert. Lorsque j'ouvre la bouche, m'échappent des bulles d'un silence d'encre qui n'est pas tout à fait rien.
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La pesanteur de la vie est de beaucoup diminuée lorsqu'on évolue au sein d'une transparence au-dessus de laquelle le jour secoue ses grappes de lavande en fleur. Épuisantes sont l'angoisse et la douleur des Autres.
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Lorsqu'après avoir tourné au coin, il s'engagea dans la rue couverte d'un regain de soleil à la façon des chemins de campagne que parcouraient les charrettes hautement chargées, dont les arbres du chemin griffaient le foin.
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Une odeur de blés frais fauchés tremblait en s'élevant du passé, profondément occulté sous le bitume. Ré-enfouis tes souvenirs dans des boîtes de fer, ainsi que des oiseaux morts, et enterre-les au pied d'un hêtre !
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De toutes les manières, ils ne te serviront bientôt plus, et nul autre ne pourrait rien en faire. Toi-même tu les vois se diluer dans le jus noir au sein duquel ton esprit, poisson qui n'est pas toujours d'or, va et vient dans son bocal d'os.
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Taciturne
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Le chat au pelage voluté gris-nuage, assis sur le rebord du mur, médite sur les inconvénients de la canicule. Il n'est pas mécontent de n'être pas doué de parole : il se dit que ça lui évite des efforts inutiles.
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C'est qu'il est capable de supporter le mutisme, le sien, celui des fleurs, des herbes folles. Celui de la nuit qui se contente d'afficher ses étoiles en silence. À lui, certes, elle ne demande rien.
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Que j'aimerais savoir écrire, se dit-il en suçant une griffe de sa patte droite comme si c'était la pointe d'un stylo. Puis il lève la tête un moment pour voir l'immense dieu bleu boire au calice du soleil couchant.
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L'épée suspendue
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Oh, pouvoir comme Alexis Léger rêver un destin coloré, ascensionnel de notre monde ! Certes terribles, les guerres de son temps ne s'ajoutaient pas à la conscience du désastre climatique latent. Pris dans les tornades, il a toujours pu les fuir quelque part, fût-ce en un lieu "flagrant et nul"...
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Le pôle nord existait encore, le magnétisme du globe n'était pas hésitant, le niveau des mers n'inquiétait pas, les peuples n'étaient pas surnombreux, et s'il rêvait aux grands nomadismes, il naviguait dans un espace ordonné, et les confins de son Asie semés d'idéogrammes étaient paisibles.
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Les uns se font un ordre de parti-pris, paysage figé par l'hiver. D'autres se réfugient dans l'absence de pensée du bien-pensant, noyés dans la spume d'une société en décadence. Ou encore dans l'omni-indulgence qui se refuse à juger, la tête dans le sable, le cou tendu à l'égorgement.
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Il faut pourtant affirmer que toutes les pensées, toutes les opinions, toutes les visions du monde ne se valent pas. Il est temps d'expliquer aux esprits dilués, incertains, l'enjeu des forces en présence. Il faut dire fermement les vérités, appeler le bons "bons", les méchants "méchants".
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Le temps de finasser, de couper les cheveux en quatre en usant de toutes sortes d'arguties, morale facile et proclamations à deux sous, idéaux stupides, droits de l'homme qu'on viole à l'instant même où l'on s'en revendique, est passé. Imminente, la Lumière se vengera.